Technologie numérique portable pour l’épilepsie Une étude des Dr Donner, Devinsky, Friedman ( NEJM février 2024)

, par STOPMEP

Cette étude constate les importantes innovations technologiques qui permettent de mettre au point des dispositifs de détection de crise de plus en plus efficaces. L’intérêt de ces dispositifs est aussi bien d’améliorer des traitements avec l’affinement du diagnostic que de permettre une meilleure prévention des risques, en particulier celui de la mort subite en épilepsie. Elle passe en revue les différentes technologies utilisées, et met en évidence les critères importants à prendre en compte pour l’utilisation quotidienne de ces dispositifs. Elle souligne aussi la sous-utilisation de ces dispositifs pour prévenir la mort subite, qui s’explique par le manque d’appréciation du risque encouru.

https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMra2301913

Technologie de santé numérique portable pour l’épilepsie

Cet article de synthèse présente deux vignettes cliniques inspirées de faits réels, illustrant comment les technologies numériques de santé peuvent aider les professionnels de santé prenant en charge des patients épileptiques. Les informations permettant d’identifier les patients ont été supprimées ou modifiées. Les vignettes sont suivies d’une discussion sur l’utilisation de ces méthodes dans la prise en charge des patients.

Patient 1 : Sam

Sam, âgé de 17 ans, a reçu un diagnostic d’épilepsie myoclonique juvénile à l’âge de 14 ans. Il souffre de crises myocloniques chaque semaine, avec en moyenne deux crises tonico-cloniques généralisées par an, généralement après une mauvaise nuit de sommeil ou un oubli de prise de médicaments. Les parents de Sam l’aident à développer son autonomie, notamment en veillant au respect de son traitement et à une bonne hygiène de sommeil. Ils lui ont acheté un détecteur de crises à porter au poignet et l’encouragent à l’utiliser jour et nuit. Un soir, Sam est rentré chez lui et est monté dans sa chambre au deuxième étage. Ses parents dormaient dans la leur, au troisième étage. À 4 heures du matin, ils ont été réveillés par l’alarme sur leurs téléphones. Ils ont trouvé Sam allongé face contre terre dans sa chambre. Ils lui ont immédiatement porté secours, mais ont été bouleversés en réalisant que leur fils aurait pu mourir s’il n’avait pas porté son détecteur de crises ou s’ils n’avaient pas réagi aussi vite. Comment peuvent-ils encourager l’autonomie de Sam tout en assurant sa sécurité face à ses crises convulsives ?

Patient 2 : Julie

Julie, âgée de 35 ans, souffre d’épilepsie depuis l’adolescence et vit seule dans un appartement. Pendant des années, elle a constaté un bon contrôle de ses crises grâce à la carbamazépine. Récemment, cependant, son nouveau compagnon a observé des épisodes d’apathie, accompagnés d’automatismes des mains dont elle n’avait pas conscience. Julie et son équipe médicale envisagent un traitement antiépileptique supplémentaire. Toutefois, ils craignent que l’impossibilité de quantifier la fréquence de ses crises non convulsives les empêche d’évaluer précisément sa réponse au traitement. Un dispositif de santé numérique portable pourrait-il être une solution ?

Nécessité de dispositifs de santé numériques portables pour la prise en charge de l’épilepsie

Pour les personnes atteintes d’épilepsie, ainsi que pour leurs familles et leurs aidants, l’épilepsie est une maladie imprévisible, éprouvante et souvent angoissante, en particulier pour le tiers des personnes épileptiques qui présentent des crises persistantes malgré un traitement médical. La nature paroxystique des crises de Sam rend difficile pour ses parents de lui accorder l’indépendance habituelle d’un adolescent. Ils craignent qu’il ne fasse une crise en l’absence de toute personne pour veiller sur lui.
Ces craintes sont justifiées. Les blessures et accidents liés aux crises sont le plus souvent associés aux crises tonico-cloniques généralisées, et jusqu’à 25 % des personnes présentant ce type de crises ont subi au moins une blessure grave au cours de leur vie. (2,3)
De plus, les crises tonico-cloniques généralisées constituent le principal facteur de risque de mort subite inattendue chez les personnes épileptiques, première cause de décès liés à l’épilepsie.(4)
Le risque moyen de mort subite inattendue pour une personne épileptique est de 1 % par décennie. Ainsi, chaque année, la mort subite inattendue emporte une vie sur 1 000 parmi les personnes épileptiques. Le risque est de 1 sur 250 pour les personnes atteintes de formes sévères d’épilepsie.(5,6)
Le risque de décès augmente avec la fréquence des crises tonico-cloniques généralisées, mais est influencé par les conditions de vie. Vivre seul ou partager un logement sans partager une chambre est associé à un risque accru de mort subite ; une personne dormant seule et présentant des crises tonico-cloniques fréquentes court le risque le plus élevé (7) (tableau I).

Pour Julie et ses soignants, les crises d’épilepsie peu perceptibles subtiles dont elle n’a pas conscience limitent l’évaluation de l’efficacité thérapeutique. Julie est confrontée à deux difficultés que Sam ne rencontre pas : elle vit seule et ses crises subtiles ne présentent pas les marqueurs physiologiques robustes sur lesquels repose la détection des crises. Par conséquent, un dispositif portable présente des avantages limités.
Chez les personnes vivant seules, comme Julie, même les crises convulsives peuvent passer inaperçues, surtout si elles surviennent pendant le sommeil ou sont suivies d’amnésie.
Les déclarations de crises consignées par les personnes épileptiques sont souvent peu fiables, ne permettant pas de documenter plus de la moitié des crises et plus de 85 % des crises nocturnes confirmées par vidéo-encéphalographie, la méthode de référence actuelle pour le diagnostic des crises (8).
Chez les enfants épileptiques, les déclarations des parents concernant les crises sont également peu fiables, et jusqu’à 50 % des crises peuvent être omises (9) .

Les difficultés à identifier les crises d’épilepsie contribuent aux retards de diagnostic, aux erreurs de diagnostic et de classification de l’épilepsie et des crises, ainsi qu’au sous- et au sur-traitement des troubles sous-jacents 10. Un sous-diagnostic des crises peut mettre en danger la personne épileptique et autrui en cas de conduite automobile (si cela est autorisé dans sa juridiction) ou travaille dans un environnement dangereux. Inversement, des inexactitudes dans l’anamnèse et le compte rendu des crises peuvent également conduire à un sur-diagnostic, entraînant des traitements inutiles, des restrictions concernant la conduite et le travail, ainsi qu’une diminution de la qualité de vie.

Les technologies de santé numériques portables (TSNP) pourraient combler plusieurs lacunes importantes dans la prise en charge de l’épilepsie. Des dispositifs portables précis de détection des crises peuvent fournir des données sur leur fréquence, permettant ainsi d’adapter les traitements médicaux et d’identifier les échecs thérapeutiques. De plus, lorsqu’ils sont associés à une fonction d’alarme, ces dispositifs peuvent faciliter les interventions pendant et après les crises, réduisant potentiellement les risques de blessure ou de décès11. Dans les essais cliniques de nouvelles thérapies, les TSNP pourraient être utilisés pour évaluer objectivement les données relatives aux crises12. Au-delà de la détection des crises, les TSNP pourraient recueillir des données objectives pour surveiller les effets secondaires liés au traitement, ainsi que les troubles neuro-comportementaux et médicaux coexistant avec l’épilepsie. À ce jour, le développement des dispositifs portables pour l’épilepsie s’est concentré sur la détection des crises convulsives, car ce sont celles qui sont les plus susceptibles d’entraîner des blessures ou le décès, et des marqueurs physiologiques robustes peuvent détecter de manière fiable l’activité motrice et autonome pendant les crises convulsives.

Les capteurs portables intégrés aux montres connectées et autres dispositifs de surveillance continue de la santé (DCS) sont couramment utilisés par les consommateurs pour suivre leurs fonctions physiologiques, notamment l’activité physique, le sommeil, la fréquence cardiaque et le pouls, dans un but de bien-être et de santé générale. L’utilisation de capteurs similaires pour la détection des crises d’épilepsie suscite un vif intérêt. Certains DCS sont commercialisés directement auprès des consommateurs. D’autres, comme les DCS traditionnels basés sur l’électroencéphalographie (EEG), sont plus souvent utilisés à des fins de recherche et peuvent offrir des fonctionnalités supplémentaires, mais ils peuvent s’avérer encombrants, inconfortables et peu esthétiques.(13,14)
Dans cet article, nous passons en revue les DCS portables destinés à la détection des crises d’épilepsie, conçus pour une utilisation à long terme dans le cadre du suivi d’une affection chronique et acceptables pour les utilisateurs et leurs aidants, tout en tenant compte des limites actuelles de ces dispositifs et des questions en suspens.

Types de dispositifs portables pour la détection des crises d’épilepsie

La figure 1 présente les signaux physiologiques évalués par des capteurs périphériques portés sur le corps. Les mouvements sont mesurés par accélérométrie et électromyographie. La fréquence cardiaque et le pouls sont mesurés respectivement par électrocardiographie et photo-pléthysmographie. L’activité électro-dermale permet d’évaluer l’activité du système nerveux sympathique. Un dispositif d’enregistrement audio peut détecter et enregistrer les sons associés aux crises d’épilepsie.
Ces mesures peuvent être utilisées seules ou combinées dans un dispositif portable afin d’améliorer la sensibilité et la spécificité12. Il a été rapporté que les dispositifs électromyographiques de poignet et de surface utilisant l’accélérométrie présentent une sensibilité élevée, mais également un taux élevé de fausses alarmes.(15)

De plus, la sensibilité et la spécificité des mesures physiologiques varient selon le type de crise, la morphologie du patient, sa couleur de peau et son état (repos ou activité) au moment de la crise (16).

Les dispositifs DHT portés au poignet utilisent généralement l’accélérométrie, parfois combinée à des capteurs électro-dermaux ou de fréquence cardiaque. Ces dispositifs peuvent être appariés à un smartphone. Lorsqu’un mouvement est détecté, le smartphone apparié envoie un appel ou une alarme aux contacts pré-identifiés afin d’alerter les soignants d’une possible crise d’épilepsie. Certains dispositifs intègrent la géolocalisation (GPS) de l’utilisateur.

Un dispositif porté au poignet, composé uniquement d’un accéléromètre, est homologué en Europe (marquage CE) pour la détection des crises convulsives. Un autre dispositif, également porté au poignet, utilise l’accélérométrie et l’activité électrodermale pour détecter d’éventuelles crises convulsives tonico-cloniques généralisées d’une durée supérieure à 20 secondes est approuvé aux États-Unis et en Europe.(17,18)

Les crises d’épilepsie associées aux mouvements des muscles du bras peuvent être détectées grâce à un patch électro-myographique recouvert d’un dispositif de surveillance sans fil fixé sur un brassard placé au niveau du biceps. Lorsqu’une activité musculaire est détectée, le dispositif envoie un signal à une station de base (un ordinateur portable) qui alerte les soignants par téléphone, courriel ou SMS.(19,20)

Les dispositifs DHT de type bracelet peuvent également inclure l’accélérométrie tridimensionnelle et la photopléthysmographie pour détecter les mouvements et les variations du rythme cardiaque. Ils sont particulièrement utiles pendant les périodes de repos, car ils sont susceptibles de déclencher de fausses alertes de crise d’épilepsie lors des activités diurnes. Dans une étude menée auprès de 28 adultes présentant une déficience intellectuelle et résidant en établissement de soins de longue durée, le port d’un bracelet DHT n’a pas été associé à une gêne nocturne (21).

Plusieurs applications mobiles, non approuvées par la Food and Drug Administration (FDA), sont commercialisées pour la détection des crises d’épilepsie. Ces applications ne nécessitent pas de dispositif portable dédié, mais sont associées à des smartphones et des montres connectées. L’utilisateur télécharge l’application sur sa montre connectée, s’y abonne et la connecte à son téléphone ou sa tablette. Plutôt qu’un dispositif matériel spécifique, ce type d’application est classé comme logiciel à usage médical et peut être approuvé par la FDA à cette fin. Pour les personnes épileptiques, l’application utilise les capteurs de mouvement et de fréquence cardiaque de la montre connectée pour identifier les crises convulsives potentielles et l’appareil mobile associé pour alerter les aidants préalablement identifiés. Certaines applications utilisent le suivi GPS pour afficher la position de l’utilisateur et disposent d’un bouton « Aide » permettant de demander l’assistance des aidants (12)

Bien que la plupart des dispositifs DHT portables soient conçus pour détecter les crises convulsives, la détection d’autres types de crises constitue également un objectif important.
La figure 2 illustre les modifications des signaux biologiques lors de crises convulsives et non convulsives. Les lignes orange, représentant les crises convulsives, illustrent celles de notre premier patient, Sam, tandis que les lignes bleues représentent les crises non convulsives de notre deuxième patiente, Julie. Les modifications des signaux biologiques lors des crises non convulsives sont généralement inférieures au seuil de détection des crises par un dispositif DHT portable. Les crises toniques et atoniques brèves sont plus difficiles à détecter que les crises tonico-cloniques en raison de leur courte durée et de l’absence d’activité clonique21. Les absences peuvent être très discrètes et passent souvent inaperçues auprès de la personne épileptique, des enseignants, des soignants et des membres de la famille. Un dispositif DHT portable conçu pour détecter les absences, composé d’un bandeau électro-encéphalographique à deux électrodes connecté sans fil à un smartphone, s’est révélé prometteur lors d’un essai de phase (22).

Les dispositifs portables de télésurveillance peuvent être utilisés pour recueillir des données précises à des fins cliniques. Bien que certains appareils grand public ne recueillent pas de données cliniques de haute qualité, ceux qui le font pourraient permettre de faire progresser la recherche sur l’épilepsie tout en apportant un bénéfice potentiel aux patients et à leurs aidants. Ces dispositifs peuvent détecter les modifications du système nerveux autonome associées à l’expérience de mort imminente, ainsi que d’autres modifications physiologiques liées aux crises d’épilepsie, et peuvent être utilisés pour recueillir des données physiologiques pour des études autres que celles portant sur l’épilepsie (23-25).

Le marché des objets connectés évolue rapidement. Outre les dispositifs spécifiques à la détection
des crises d’épilepsie ayant reçu l’autorisation de la FDA, des dispositifs autorisés par la FDA ou
portant le marquage CE pour la surveillance physiologique, mais non pour la détection des crises,
sont utilisés en recherche et, occasionnellement, en milieu clinique. Les applications fonctionnant
sur les montres connectées et les traqueurs d’activité disponibles dans le commerce sont approuvées pour la surveillance cardiovasculaire, mais pas pour la détection des crises. Les données issues d’études rigoureuses évaluant l’efficacité de la détection des crises par des dispositifs non spécifiquement conçus à cet effet sont insuffisantes.
Changements physiologiques et physiques survenant

Performances des dispositifs portables de détection des crises d’épilepsie

La plupart des données sur les DHT portables pour la détection des crises d’épilepsie proviennent d’études menées dans des unités de surveillance de l’épilepsie en milieu hospitalier, où la détection par DHT peut être comparée à une surveillance audiovisuelle silencieuse et à un électroencéphalogramme. Ainsi, la norme clinique d’évaluation est un environnement artificiel où l’activité normale est contrainte, contrairement aux conditions réelles.
La précision peut être surestimée ou sous-estimée. Dans une optique d’évaluation plus pragmatique, certains dispositifs ont été étudiés en milieu résidentiel ou en foyer collectif, où les détections ont été comparées à l’analyse d’enregistrements vidéo nocturnes par des experts (21). Les données de performance de six dispositifs DHT portables commercialisés aux États-Unis ou en Europe ont été comparées à cette norme12. Ces dispositifs comprenaient des accéléromètres ou des capteurs multimodaux portés au poignet, des bracelets enregistrant les mouvements et le rythme cardiaque, ainsi que des capteurs d’électromyographie de surface. La sensibilité de détection des crises convulsives variait de 76 % à 95 %, et la plupart des dispositifs, correctement positionnés, détectaient plus de 90 % des crises convulsives généralisées. Une méta-analyse de tous les capteurs portables testés a montré une sensibilité moyenne de 91 % (intervalle de confiance à 95 %, 85 % à 96 %) pour la détection des crises tonico-cloniques, ce qui suggère que la plupart des dispositifs DHT portables peuvent détecter ces crises(15).

Le taux de fausses alarmes est un critère essentiel pour différencier les dispositifs. Pour les dispositifs DHT commercialisés et pour lesquels des données sont publiées, ce taux varie de 0,1 à 2,5 fausses alarmes par jour. Les taux de fausses alarmes sont plus élevés chez les enfants que chez les adultes, et la plupart des fausses détections surviennent pendant l’éveil (26). L’hétérogénéité marquée des taux de fausses alarmes suggère que le type de capteur et l’algorithme de détection, ainsi que le moment, le mode et l’utilisateur de l’appareil, sont des facteurs déterminants pour minimiser les fausses détections15. Il est important de prendre en compte la capacité de l’utilisateur à annuler rapidement une fausse alarme, car une annulation rapide peut réduire le risque de fausses détections.

Le tableau 2 récapitule l’efficacité de la détection des crises et le statut d’autorisation réglementaire selon le type de dispositif portable.

Tableau 2 Efficacité et détection des crises Autorisation réglementaire selon le type de la technologie de santé numérique portable (DHT).

Certains dispositifs DHT portables peuvent détecter les crises non convulsives28,29. Les crises accompagnées de mouvements importants, telles que les crises toniques, hypermotrices ou myocloniques, peuvent être plus difficiles à détecter, car elles sont généralement de plus courte durée que les crises convulsives généralisées12.

Cependant, les capteurs de fréquence cardiaque et d’accélérométrie des brassards détectent ces types de crises avec une sensibilité médiane de 73 à 89%21. Aucun dispositif DHT portable commercialisé ne peut détecter de manière fiable les crises non convulsives telles que les crises focales avec altération de la conscience, bien que des dispositifs utilisant des capteurs électroencéphalographiques ou des signaux périphériques tels que la fréquence cardiaque soient en cours de développement30.

Comment les dispositifs portables de détection des crises d’épilepsie sont utilisés

L’indication la plus importante pour un dispositif portable de détection des crises d’épilepsie est l’amélioration de la sécurité pendant et après une crise. Les personnes épileptiques présentent un taux élevé de mortalité prématurée, souvent directement liée aux crises, notamment aux crises tonico-cloniques, qui peuvent entraîner des accidents mortels, des noyades, des inhalations et des morts subites et inattendues31. Partager une chambre peut réduire ce risque chez les personnes épileptiques2. Des gestes simples, comme repositionner la personne pendant ou immédiatement après une crise, peuvent parfois éviter le décès. Les dispositifs de détection des crises qui alertent les aidants à proximité peuvent étendre cette protection au-delà de la proximité immédiate avec la personne pendant ou juste après une crise. Cependant, un tel dispositif n’est efficace que s’il est porté régulièrement. Certains utilisateurs peuvent croire qu’ils n’ont besoin de porter l’appareil que pendant leur sommeil, or 300 % des décès soudains et inattendus chez les personnes épileptiques surviennent pendant leur période d’éveil32. Compte tenu de la nature actuellement imprévisible des crises, le fait de ne pas utiliser occasionnellement un dispositif DHT portable pendant l’éveil le jour ou le sommeil la nuit pourrait annuler le bénéfice potentiel de l’appareil.

Une étude menée auprès de 30 personnes souffrant d’épilepsie non contrôlée a évalué la maîtrise d’un dispositif porté au poignet lors d’une hospitalisation pour surveillance des crises33. Après une séance de formation, 50 % des participants étaient autonomes pour porter et charger le dispositif, ainsi que pour le connecter à un smartphone et une tablette. Cependant, 37 % des participants ont eu besoin d’un soutien ou d’une formation supplémentaire, et 13 % ont nécessité une supervision constante pour réaliser certaines ou toutes les tâches. Les tâches les plus difficiles étaient le chargement et la connexion du dispositif, ainsi que le fait de se souvenir d’utiliser un dispositif de remplacement en cas d’indisponibilité du dispositif principal. Les données d’une enquête menée auprès de personnes épileptiques et de leurs aidants suggèrent que l’utilisation d’un dispositif de détection des crises peut réduire le nombre de blessures liées aux crises34. Toutefois, aucune étude n’a examiné prospectivement les effets des dispositifs portables sur la protection contre les blessures liées aux crises et les décès subits ou inattendus, ou d’autres décès liés aux crises.

Les dispositifs DHT portables améliorent la précision du signalement des crises d’épilepsie, car jusqu’à 60 % des crises ne sont pas reconnues par les personnes épileptiques et leurs aidants (35). Un signalement précis des variations de la fréquence des crises permet aux professionnels de santé d’évaluer l’activité de la maladie et l’efficacité du traitement. L’absence de mesures objectives de la fréquence des crises a des répercussions sur la prise en charge clinique ; par exemple, il est difficile d’évaluer si un nouveau traitement est bénéfique ou si un patient est réellement exempt de crises et peut conduire en toute sécurité.
véhicule. L’incapacité à quantifier précisément la fréquence des crises peut nuire aux essais cliniques, en introduisant du bruit statistique, en augmentant le coût et la complexité des études36et pouvant conduire à la conclusion erronée qu’un traitement efficace est inefficace. Des études évaluent si les capteurs portables peuvent aider les personnes atteintes de crises d’épilepsie,leurs soignants et les chercheurs à quantifier de manière fiable le nombre de crises ; Néanmoins, les dispositifs disponibles ne détectent que les crises convulsives. ils ne peuvent pas détecter avec précision les crises non convulsives, qui représentent la majorité des crises d’épilepsie.

Limites et considérations pratiques

Les dispositifs DHT portables qui détectent les crises d’épilepsie sont très prometteurs pour la prise en charge de cette maladie, mais présentent des limites. Les dispositifs actuels ne fonctionnent que pour les crises convulsives et leur capacité à détecter d’autres types de crises de manière fiable n’a pas été démontrée. De plus, les fausses détections, qui surviennent principalement pendant les périodes d’activité, limitent l’utilisation de ces dispositifs. Par ailleurs, les données montrant que les dispositifs DHT portables réduisent le risque de blessure sont limitées, et rien ne prouve qu’ils réduisent le risque de mort subite inattendue chez les personnes épileptiques. L’utilisation de ces dispositifs pour quantifier les crises et améliorer le traitement n’est pas encore fondée sur des preuves scientifiques. Les préférences des patients, la stigmatisation et le coût sont des facteurs essentiels à prendre en compte pour garantir que les dispositifs portables soient facilement adoptés et utilisés de manière constante par les personnes épileptiques qui pourraient en bénéficier (37).

Les personnes atteintes d’épilepsie manifestent un vif intérêt pour l’utilisation de dispositifs de détection des crises d’épilepsie afin d’améliorer leur sécurité, l’autogestion de leur maladie et leur autonomie, malgré leurs préoccupations concernant la confidentialité des données et l’ergonomie de ces dispositifs (27,38). Les dispositifs portés au poignet ou conçus pour être discrets sont généralement bien acceptés par la plupart des personnes épileptiques (27). Les utilisateurs privilégient les dispositifs qui tiennent bien en place mais sont faciles à retirer, sans fil et confortables27,39. Cependant, des caractéristiques telles que l’âge et le revenu peuvent influencer leurs préférences et constituer des freins potentiels à leur utilisation (40).

Les performances de l’appareil sont importantes (Encadré 1). L’autonomie de la batterie, c’est-à-dire l’intervalle entre deux recharges, est un critère essentiel. Par exemple, pour recharger les appareils actuellement disponibles, il faut les retirer du corps, ce qui risque de réduire leur utilisation. Une enquête menée auprès de personnes épileptiques utilisant des dispositifs de détection de crises a montré que, malgré un consensus général sur l’importance d’une sensibilité supérieure à 90 % pour la détection des crises, le taux de fausses alarmes acceptable variait selon la fréquence des crises40. Pour les personnes souffrant de crises fréquentes, un taux de 0,1 à 0,3 fausse alarme par jour était acceptable, tandis que pour celles souffrant de crises peu fréquentes, un taux inférieur à 2 fausses alarmes par mois était acceptable. Dans une autre enquête portant sur l’expérience des utilisateurs de dispositifs de détection de crises, les répondants étaient plus susceptibles d’être satisfaits et de continuer à utiliser un dispositif DHT validé cliniquement, quel que soit son type, par rapport à un dispositif non validé (41). Les fausses alarmes et les crises non détectées étaient les raisons les plus fréquentes d’arrêt de l’utilisation d’un dispositif DHT.

Encadré 1 : Considérations relatives au choix d’un dispositif portable.

  • Capacité du dispositif à détecter le type de crise ;
  • Disponibilité d’un aidant pour répondre à l’alarme ;
  • Confort
  • Moment de la journée où surviennent généralement les crises
  • d’épilepsie ; stigmatisation et volonté de porter un dispositif ; facilité d’utilisation
  • Autonomie de la batterie (intervalle entre les charges)
  • Coût
  • Confidentialité des données
  • Le fardeau des fausses alertes

Le coût d’un dispositif DHT est une préoccupation majeure pour les personnes épileptiques et leurs aidants. La plupart des dispositifs de détection des crises sont principalement financés par le patient, via l’achat initial et les frais d’abonnement. Même les dispositifs homologués par les autorités sanitaires ne sont pas toujours pris en charge par l’assurance maladie. Aux États-Unis, une ordonnance est requise pour le dispositif porté au poignet autorisé par la FDA, et certaines assurances remboursent son coût. Le reste à charge constitue un frein à son utilisation généralisée. Dans une enquête menée aux États-Unis auprès de personnes épileptiques, deux tiers des répondants ont déclaré qu’ils n’utiliseraient pas de dispositif si son coût n’était pas couvert par l’assurance (42) Parmi les autres préoccupations figurent la facilité d’utilisation, la protection des données et la confidentialité (43).

Besoins futurs en dispositifs portables pour l’épilepsie

Le succès initial des dispositifs portables dans la détection des crises convulsives doit être étendu à la détection des crises focales et autres crises subtiles, avec une sensibilité et une spécificité adéquates. Cela pourrait nécessiter d’autres marqueurs physiologiques des crises, davantage de données et l’intelligence artificielle pour combiner ces marqueurs (29,30). Les essais cliniques pour de nouveaux traitements ciblant les crises focales pharmacorésistantes bénéficieront de dispositifs portables capables de détecter les crises non convulsives les plus fréquentes.

La détection des crises reste au cœur des dispositifs portables commerciaux pour l’épilepsie. Cependant, la prédiction et la prévision des crises constituent des domaines d’intérêt majeur et de développement continu44. Les personnes épileptiques reconnaissent que l’imprévisibilité des crises représente un défi considérable. La capacité de prédire, pour un patient donné, l’imminence d’une crise ou sa survenue probable dans les heures qui suivent permettrait d’établir des plans de sécurité et même d’intervenir par l’administration de médicaments de secours. Les journaux de crises tenus par les patients et leurs aidants pourraient contribuer au développement d’algorithmes de prédiction en identifiant les facteurs environnementaux et de santé associés aux crises, lesquels pourraient être combinés aux données des signaux biologiques provenant des dispositifs de détection des crises. Ainsi, les données issues de l’observation clinique et des dispositifs portables pourraient être combinées à l’avenir pour identifier les facteurs de risque spécifiques à chaque patient et élaborer des modèles de prédiction des crises (14).

La mort subite et inattendue est l’issue la plus tragique de l’épilepsie et demeure un enjeu majeur de la détection des crises, bien qu’aucun dispositif n’ait prouvé son efficacité pour réduire ce risque. Si les dispositifs portables peuvent alerter les aidants, qui peuvent alors intervenir rapidement pendant ou après une crise, la question de savoir quelles interventions, le cas échéant, permettraient de réduire les décès dus aux crises reste sans réponse. Pour les patients vivant seuls, la détection d’une crise convulsive peut ne pas garantir l’administration de premiers secours potentiellement vitaux pendant ou immédiatement après la crise. Des systèmes en boucle fermée, capables de détecter une crise et de réagir par un traitement, voire de prévoir et de prévenir les crises, sont en cours de développement et pourraient révolutionner les thérapies de l’épilepsie. Les dispositifs portables DHT pourraient également contribuer à l’estimation du risque de mort subite et inattendue. Les données enregistrées par ces dispositifs pourraient permettre un calcul individualisé du risque, améliorer notre compréhension des mécanismes de la mort subite et inattendue chez les personnes épileptiques et orienter les interventions préventives (45).

Conclusions

Les dispositifs portables de télésurveillance des crises d’épilepsie (DHT) sont sur le point de révolutionner la détection des crises et, potentiellement, la prise en charge de cette maladie. Un comptage plus précis des crises permettra d’évaluer l’efficacité des traitements. Ces dispositifs promettent une plus grande autonomie à de nombreuses personnes épileptiques. En 2021, la Ligue internationale contre l’épilepsie et la Fédération internationale de neurophysiologie clinique ont publié des recommandations de pratique clinique préconisant l’utilisation de DHT portables pour la détection des crises, afin de réduire la morbidité et la mortalité liées aux crises et d’améliorer la documentation de leur fréquence (32). Ces recommandations préconisent l’utilisation de DHT portables validés cliniquement pour la détection automatisée des crises convulsives en cas de risques pour la sécurité, notamment chez les personnes épileptiques non surveillées qui ne partagent pas leur chambre mais vivent dans un logement équipé d’alarmes permettant une intervention en moins de 5 minutes. Ces recommandations soulignent l’importance d’une validation clinique et d’une utilisation appropriée des DHT de détection des crises. Pour Sam, atteint d’épilepsie myoclonique juvénile et de crises convulsives, un dispositif DHT porté au poignet pourrait améliorer sa sécurité et son autonomie, à condition qu’il le porte régulièrement et que des aidants soient présents pour s’occuper de lui pendant et après une crise. Pour Julie, qui a du mal à quantifier ses crises focales subtiles, dont elle n’a pas conscience, aucun dispositif DHT adapté à ses besoins n’est actuellement disponible.

Les progrès rapides réalisés dans le développement des dispositifs portables de surveillance de la température (DHT) laissent entrevoir une amélioration de la santé et de la qualité de vie, ainsi qu’une opportunité de faire progresser notre compréhension des crises et de l’épilepsie. À mesure que les DHT évolueront pour détecter de manière fiable les crises non convulsives et les crises motrices subtiles, cette technologie sera plus largement acceptée. Des études pragmatiques et de terrain documentant la sensibilité et les taux de fausses alarmes, ainsi que des études évaluant des critères d’évaluation critiques tels que la morbidité et la mortalité associées aux crises, sont nécessaires pour favoriser l’adoption généralisée des DHT par les professionnels de santé, les personnes atteintes d’épilepsie et leurs aidants.

NOTES

Certains dispositifs DHT sont mentionnés dans cette revue ; toutefois, cette revue ne constitue pas une approbation de la part des auteurs, de la revue ou de l’organisme. Société médicale du Massachusetts ; les dispositifs mentionnés dans cet article ne représentent pas l’ensemble des DHT disponibles sur le marché ou en cours de développement.

Les formulaires de déclaration des auteurs sont disponibles avec le texte intégral de cet article sur NEJM.org.
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Traduction de l’article "Wearable Digital Health Technology for Epilepsy"
Auteurs : Elizabeth Donner, M.D., Orrin Devinsky, M.D., and Daniel Friedman, M.D.Author Info & Affiliations
Publié le 21 février 2024
N Engl J Med 2024 ;390:736-745
DOI : 10.1056/NEJMra2301913
VOL. 390 NO. 8

Copyright © 2024 Massachusetts Medical Society.

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